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A Bangui, les habitants partagés entre inquiétude, colère et confiance

Cela ressemble à un dimanche ordinaire à Bangui: le marché de Noël résonne de chants, les fidèles se pressent devant la cathédrale, les taxi-motos arpentent les rues. Les bruits de bottes à plus de 100 km de la capitale centrafricaine, à l'approche des élections, ravivent pourtant des souvenirs.

Photo: Des membres de la garde présidentielle près d'une affiche de campagne du président sortant Faustin Archange Touadéra, à Bangui, le 12 décembre 2020. AFP
Selon le gouvernement, à une centaine de kilomètres de là, sur plusieurs axes menant à cette ville d'un million d'habitants, une coalition de groupes armés mène une offensive contre les forces nationales et les Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), chargés de sécuriser les élections présidentielle et législatives dont le premier tour est prévu dans une semaine.
Samedi, le gouvernement a accusé l'ex-chef de l'Etat François Bozizé de tentative de coup d'Etat avec une "intention manifeste de marcher avec ses hommes sur la ville de Bangui". Le parti de M. Bozizé a démenti dimanche ces accusations.
Une menace difficile à ignorer dans un pays marqué par les coups d'Etat et les guerres civiles à répétition.
"Je suis inquiète pour notre pays, à cause des rebelles qui viennent, on a peur pour nos enfants", murmure d'une voix lasse Geneviève, employée dans un commerce. 

-Mauvais souvenirs-
Comme les autres habitants, elle n'a pas oublié les horreurs de 2013, après qu'une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le Président François Bozizé. Et plongé le pays dans un tourbillon sanglant d'affrontements communautaires, avec la contre-insurrection de milices anti-balaka essentiellement chrétiennes et animistes.
Les violences à Bangui et dans les provinces entre Séléka et anti-balaka avaient fait des milliers de morts.
"Parler encore de la Séléka réveille des mauvais souvenirs. Cette nouvelle situation nous énerve car nous voulons vaquer à nos activités librement. Courir à chaque fois, ce n'est pas bon", s'agace John, un jeune conducteur de taxi-moto.
François Bozizé, revenu d'exil en 2019, est accusé par le gouvernement et l'ONU d'avoir repris le chemin de la rébellion --ce que son camp dément-- depuis que sa candidature à la présidentielle a été invalidée par la Cour constitutionnelle.
Lui dénonce de son côté, à l'unisson de l'opposition, des fraudes massives du camp du président sortant Faustin Archange Touadéra pour assurer sa réélection dès le premier tour le 27 décembre.
"Nos homme politiques s'entendent bien entre eux, mais ils nous poussent à nous diviser, à nous entretuer", s'emporte Hubert Wanto, financier sans emploi en route vers la messe du dimanche. 
Du côté des partisans du pouvoir, toutefois, la confiance est de mise. Samedi, ils étaient environ 4.000 à s'être massés dans le plus grand stade de Bangui de 20.000 places pour venir soutenir leur président menacé, selon lui, par un coup d'Etat.
Concert de vuvuzelas, danse traditionnelle, ambiance de fête…
"Je ne suis pas inquiet, nos militaires ont déjà infligé une lourde défaite aux rebelles", assure Vianney, un entrepreneur arborant comme le reste de la foule le tee-shirt bleu et blanc aux couleurs du parti présidentiel, Mouvement Cœurs Unis (MCU).
"Ce ne sont pas des rebelles, ce sont des bandits", le corrige un homme qui exhibe sa carte d'électeur tout juste délivrée. Tout le monde veut croire au maintien des élections dans une semaine.

- Minusca critiquée -
Face à la foule, M. Touadéra est apparu comme toujours suivi de près par ses gardes du corps, les gardes privés russes en premier cercle et les Casques bleus rwandais autour. Il n'a évoqué qu'à demi-mot la rébellion que son gouvernement dénonce et haranguait la foule en lançant: "27 décembre !"
A Bangui, la Minusca concentre facilement les critiques. Dimanche, des jeunes distribuent des tracts appelant à manifester devant son siège pour réclamer une réponse plus ferme face aux rebelles.  
Ici, pas question d'évoquer la débandade de certaines forces armées, démunies et peu entraînées encore, et qui ont déserté en plusieurs points, selon des sources sécuritaires et onusiennes. 
Samedi, le stade était surveillé par des soldats de la garde présidentielle. Mieux équipés et mieux formés, ces fidèles du président vêtus de treillis russes, incarnent les espoirs du régime et de ses partisans. Vianney en est sûr: "cette fois, l'histoire ne se répètera pas".

Avec AFP

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